Thorium, la face gâchée du nucléaire


      • Daniel Heuer, ingénieur, physicien, chercheur au CNRS et directeur de recherche au Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie de Grenoble,  » Thorium et sels fondus. « 


      • L’énergie du thorium, l’avenir vert du nucléaire ? Jean-Christophe de Mestral at TEDxParis





  • Un complément d’information de Samuel Leuenberger qui me semble pertinent :

    L’Inde a globalement renoncé à la filière Thorium malgré des gisements énormes et des contraintes très fortes pour l’accès au marché international de l’Uranium à cause du NPT. Juste un réacteur test, toutes les programmations de nouveaux réacteurs sont sur la filière Uranium. C’est le problème de l’écart entre une filière éprouvée face à une nouvelle dans un environnement réglementaire et technique très exigeant. La prime à l’existant est telle que les changements de paradigme comme Uranium vers le Thorium ne sont pas économiquement viables. Sinon deux erreurs (classiques) dans l’article dès que l’on parle Thorium :
    1) On peut très bien faire du MSR avec la filière Uranium, voire Plutonium.
    2) « L’avantage » du moins d’actinides de la fission Thorium est ridicule: La quantité de déchets de la filière nucléaire est infime comparée à toute autre industrie polluante, et surtout le coût de traitement des déchets négligeable compare au coût global de production d’énergie (1%, l’essentiel n’étant pas le volume, mais la préparation et la gestion de la filière).

    Une coopération internationale existe, et il y a justement une agence de l’ONU pour ça : www.iaea.org
    Seulement l’Inde (et le Pakistan) sont en partie en dehors et ne peuvent bénéficier de la plupart des accords-cadres comme l’accès au marche international du combustible, car ils refusent de signer le NPT.

7 pensées sur “Thorium, la face gâchée du nucléaire”

    1. > Cela laisse songeur, je me demande pourquoi cette histoire remonte à la surface aujourd’hui.

      C’est très bien expliqué dans le film … Beaucoup d’humains (en particulier parmi les militaires et hommes politiques) n’ont tout simplement pas comme objectif le bien-être de leurs semblables, mais juste leurs intérêts propres. Cette « histoire » a longtemps été maintenue sous une sorte de chape de plomb, et n’était connue que d’un petit nombre d’experts.

      Par ailleurs j’ai vu que vous écriviez
      >Cela paraît trop beau pour être vrai.
      >J’aimerai que des physiciens de renommée indiscutable s’expriment sur le sujet.

      Propos un peu étranges … Sachez que Daniel Heuer, qui parle longuement dans le film, est l’un des tous meilleurs physiciens nucléaires actuels, peut-être le plus grand spécialiste mondial des réacteurs à sels fondus. La technologie des réacteurs au thorium a été relancée dans les années 1990
      par Carlo Rubbia, prix Nobel de physique, ex-directeur du CERN, et une conférence internationale sur le sujet a été organisée au CERN en octobre 2013 avec son soutien actif. Quelles cautions supplémentaires voudriez-vous ?

      En revanche, il apparaît hélas que le texte de « sortir du nucléaire » sur la filière thorium est un concentré de mauvaise foi, rédigé par des gens qui n’ont pas bien étudié la question, et qui cherchent à tout prix à faire un procès à cette technologie au seul prétexte qu’elle est « nucléaire », fût-elle absolument indispensable pour tirer l’humanité de l’impasse énergétique où elle se trouve …

      Un collègue de Daniel Heuer

      1. Bonjour Jean-Pierre,
        Un grand merci pour votre complément d’informations pertinentes. J’ai lancé ma question et cette page sur le Web afin de développer ma compréhension du sujet, qui m’interpelle vivement.
        Les motivations qui ont conduit au choix industriel des réacteurs actuels provoquent l’indignation. On a soumis le peuple à une décision qui va impacter l’humanité sur des dizaines de générations sans l’avoir a priori consulté en connaissance des différentes options possibles quant à leurs dangers respectifs potentiels.
        Je reconnais avoir été léger avec cette phrase « J’aimerai que des physiciens de renommée indiscutable s’expriment sur le sujet. » Je suis ravi que des scientifiques aussi éminents que Carlo Rubbia et Daniel Heuer explorent cette voie prometteuse du nucléaire. Il serait heureux d’entendre d’autres spécialistes de l’atome s’exprimer sur les sujets du MSR et du Thorium. Grâce à votre prise de parole, j’ai mis en avant deux conférences éclairantes sur le thème.
        J’entends vos doutes quant à la partialité de l’article « Le réacteur au thorium : une nouvelle impasse ». Ce billet, copieusement sourcé, pour un lambda comme moi possède le mérite d’aiguillonner ma paresse naturelle à considérer cette enthousiasmante découverte, me concernant, comme définitive dans ses conclusions positives. On a menti au peuple une première fois. Cela ne doit plus se reproduire. Mon vœu est de réunir à l’ONU un collège des meilleurs scientifiques à l’échelon mondial. Si un consensus en émerge, nous devons sans attendre impulser l’humanité dans cette voie en demandant une adhésion démocratique éclairée des citoyens des états désireux de s’engager dans ce programme.
        Bien amicalement.
        Franck

  1. Le problème n’est pas de changer d’énergie. Mais d’arrêter avec le plutonium. On en fait quoi ? On le retire comment ? Et si on arrête de le refroidir, il va rejoindre le noyau terrestre ? Quelles sont les conséquences d’une telle transition ? 

    1. Bonjour Aster x,
      Je vous remercie de participer à cette réflexion.
      Vos questions, que je partage, sont pertinentes. Mon vœu est qu’elles débouchent sur des réponses bénéfiques pour l’humanité.
      Je ne suis pas spécialiste et à ce jour, je ne peux que vous livrer mon intuition et mes connaissances assez limitées.
      Pour l’heure, il faut stocker le plutonium. Cet élément chimique a beaucoup de valeur et à l’avenir les hommes le valoriseront sans danger pour l’écosystème. Les Allemands se sont engagés dans cette voie. Ils démantèlent les centrales nucléaires et stockent les éléments de combustion nucléaire de telle façon de pouvoir les réemployer lorsque les connaissances de la science le permettront. Avec cette façon de procéder, il n’y a pas de problème de corium.
      Bien amicalement.

        1. Effectivement j’ai pris connaissance récemment lors d’un reportage d’Arte, que les Allemands stockaient maintenant les matières radioactives issues du démantèlement de leur centrale en fin d’activité, de telle sorte que ces matériaux restent aisément accessibles jusqu’au jour où les connaissances scientifiques permettront de retraiter les éléments qui les constituent. J’ai tenté de retrouver cette vidéo pour vous en communiquer le lien. Hélas, Arte l’a retiré de la diffusion. Pour conclure, selon ce que je croie comprendre le réacteur à sel fondu est aussi un moyen de valoriser le plutonium et selon mon intuition les rayonnements ionisants, au moins pour les rayonnements X et gamma, pourront à l’avenir être valorisé afin de produire de l’électricité avec l’effet photovoltaïque ou quelque chose de semblable.
          Bon weekend.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *